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Lactobacillus gasseri en complément : espèce, souche et statut au registre

Léonard-Maloé Pommier 3 min de lecture
lactobacillus gasseri pileje : souche, dosage et conservation

En bref. Lactobacillus gasseri est une espèce de bactérie. Le registre européen des allégations de santé contient 13 entrées qui la citent, et aucune n’est autorisée (lues le 22/10/2026). Un produit qui porte ce nom ne peut donc pas annoncer d’effet sur la santé.

Espèce, souche, composition : trois niveaux

Lactobacillus gasseri désigne une espèce du groupe des lactobacilles, présente naturellement dans les flores digestive et vaginale. La souche est un niveau plus précis, repéré par un code de lettres et de chiffres. Deux produits peuvent afficher la même espèce avec des souches différentes. Les données d’une souche ne s’appliquent pas à une autre.

Des compléments multi-souches associent cette espèce à d’autres bactéries. Leur composition exacte figure sur l’étiquette et sur la fiche du fabricant, qui change d’un lot à l’autre : lisez toujours l’emballage en main plutôt qu’une page tierce, y compris celle-ci.

Information sur l’étiquette Ce qu’elle permet Ce qu’elle ne permet pas
Nom de l’espèce Savoir de quelle bactérie il s’agit Prévoir un effet
Code de souche Comparer avec des études sur cette souche précise Étendre ces études à d’autres souches
Date de durabilité Savoir jusqu’à quand la composition est garantie Juger l’intérêt du produit
Conseils de conservation Respecter les conditions prévues par le fabricant Remplacer un avis médical

Ce que dit le registre européen

Le règlement (CE) n° 1924/2006 pose, à l’article 10, que les allégations de santé sont interdites sauf si elles sont autorisées et inscrites sur une liste. Pour les micro-organismes, la liste ne comporte qu’une entrée : les cultures vivantes du yaourt et la digestion du lactose (POL-HC-6400). Pour Lactobacillus gasseri, 13 entrées de demande existent, par exemple POL-HC-7410 ; toutes sont au statut « non autorisée » (lecture du 22/10/2026).

Les motifs de refus les plus fréquents, sur l’ensemble des micro-organismes, sont l’absence de caractérisation suffisante du produit et l’absence de preuve de l’effet annoncé. En clair : le dossier n’a pas permis à l’EFSA de conclure.

Ce que dit la recherche

Une revue systématique avec méta-analyse de 15 essais randomisés (957 personnes en surpoids ou obèses, 3 à 12 semaines) a trouvé, sous probiotiques, une baisse moyenne de 0,6 kg par rapport au placebo, un écart très faible (Borgeraas et coll., Obesity Reviews, 2018). Limites des auteurs : des essais courts, des souches et des doses très différentes, une hétérogénéité nette sur la masse grasse. Cette revue décrit l’état de la recherche. Elle ne démontre pas qu’un produit précis fait perdre du poids.

Avant toute prise

  • Un seul produit à la fois, pour savoir ce qui est toléré.
  • Les symptômes digestifs nouveaux ou durables, le sang dans les selles, la fièvre ou un amaigrissement non voulu justifient un avis médical, pas un complément.
  • Femmes enceintes ou allaitantes, enfants, personnes immunodéprimées ou malades chroniques : avis d’un médecin ou d’un pharmacien avant.

Pour choisir ou arrêter un complément, un médecin, un pharmacien ou un diététicien-nutritionniste répond mieux qu’une page web.

Voir aussi

Sources (lues le 22/10/2026) : Registre UE des allégations nutritionnelles et de santé ; Règlement (CE) n° 1924/2006 (EUR-Lex, CELLAR) ; Borgeraas et coll. 2018, PubMed.

Léonard-Maloé Pommier

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